Les esprits malins aiment à s’entourer de lumières au sabbat. Les feux-follets qui courent aux environs des bois sont les serviteurs des génies infernaux. Le 19 décembre 1816, deux gendarmes furent conduits par deux fantômes de Nibas à Valines. Ils n’avaient point de bras, leur tête était emmaillotée ; une chandelle brillait entre eux.(1)
Rapport du brigadier de gendarmerie de Valines au Commandant de gendarmerie royale de l’arrondissement, sur les fantômes ou feux follets vus entre les villages de Nibas et
de Valines en décembre 1816.
Valines, le 6 Janvier 1817. Le Brigadier Germenville,
A Monsieur le Chevalier de la Basse Monture, officier commandant la gendarmerie Royale de l’arrondissement.
Mon Lieutenant,
Conformément aux renseignements que vous me demandez sur les fantômes ou feu follets, j’ai l’honneur de vous faire part que le 29 Décembre dernier, les gendarmes Detrie et Duvel, revenant vers les huit heures du soir du marché de St-Vallery, sortant du village de Nibas, ont été conduits par deux fantômes qui avaient une chandelle entre eux deux, n’ayant point de bras, la tête emmaillotée, jusqu’a un ancien cimetière qui est à l’entrée de Valines, Venant de Nibas, à cette place, une boulle de feu en forme de montagne s’est montré et une église ayant la façade sur le chemin. A l’entrée de cette église avec trois grandes vitres, il parait que plusieurs personnes ont vu le feu. Le gendarme Duvel voulait toujours tirer son sabre et le gendarme Detrée lui détendait. Les deux fantômes les ont conduits trois quarts de lieu toujours à quinze pas sur leur droite et ne les ont quittés que lorsqu’ils sont rentrés sur la grande route. Voilà le dire de mes gendarmes à qui j’ai fait signer h déclaration de cette vision.
Je suis etc……..
signé Germonville.
(1) D’après le rapport d’un brigadier de gendarmerie de Valines, daté du 6 janvier 1817 (pièce des Archives départementales) communiquée par M. Pierre Dubois a la Société d’histoire et d’archéologie du Vimeu.
