Gb17-2

Ce crash est l’un des nombreux épisodes de la campagne aérienne alliée de 1944 où une partie de l’équipage réussit à échapper à la captivité grâce aux filières d’évasion et à l’aide de la Résistance dans le Vimeu,la vallée de la Bresle,et le pays de Bray.

Le 9 mai 1944, le Boeing B-17G Fortress G-15-DL n°42-37804, surnommé « Pride of the Yanks » et portant le code XM-P, appartenant au 94th Bomb Group / 332nd Bomb Squadron de la 8th US Air Force, décolle à 08 h 00 de la base de Bury St Edmunds (Station 468), dans le Suffolk (Angleterre). Sa mission est dirigée vers les objectifs de Lille (Nord) ou Laon (Aisne).

Vers 11 h 00, alors qu’il se trouve au large de Dieppe, l’appareil est touché par les tirs de B-17 selon la fiche. En flammes, le bombardier devient incontrôlable et l’ensemble de l’équipage évacue l’avion en parachute avant son crash en Manche, près de Dieppe.

L’équipage compte dix aviateurs. Trois sont faits prisonniers :

2nd Lt Thomas L. Bond, pilote
S/Sgt Claude W. Brown, radio
S/Sgt Vernon Max Bishop, mécanicien.

Les sept autres membres parviennent à échapper à la capture :

2nd Lt Douglas D. Melton, copilote
2nd Lt William E. Belluomini, navigateur
F/O Rolland C. Walters, bombardier
Sgt Alfred V. Spindler, mitrailleur de tourelle ventrale
Sgt Bruce A. Waddell, mitrailleur arrière
Sgt Richard C. Warpel, mitrailleur de sabord droit
Sgt Earnest E. Schmaling, mitrailleur de sabord gauche

Source: Francecrashes39-45


LT. BELLUOMINI, SGT. SPINDLER, & SGT. WADDELL

Belluomini, Spindler et Waddell atterrirent en mai 1944. Belluomini descendit dans le jardin d’une maison à CORROY-COURTIEUX (15 km au sud-ouest d’ABBEVILLE). Les mêmes personnes vivant dans cette maison firent entrer Belluomini dans une cave souterraine, lui apportèrent de la nourriture et des vêtements civils, puis le conduisirent dans une grange où un pharmacien appelé LEON vint le voir, lui donna un peu de Calvados, le fit monter dans un grenier à foin, puis, cette nuit-là, l’emmena dans la maison. Le lendemain, ces hommes conduisirent Belluomini en camion à GAMACHES (22 km au sud-ouest d’ABBEVILLE), à la maison de Mme MERCÉDE DOLIQUE. Ce soir-là, M. LEROY, chef des FFI pour la région de GAMACHES, conduisit Belluomini à la maison de sa fille et de son gendre, M. et Mme JEAN MAURICE. De là, à minuit, Belluomini fut conduit à la maison de M. LUCIEN LELEU, 20 RUE DE LA GARE, GAMACHES, où il vécut pendant neuf semaines. Ce furent M. MAX DEHEDIN et son jeune assistant, M. VIENNE, qui procurèrent le billet à DEHEDIN pour Belluomini.

Waddell atterrit près de VILLY LE BAS (9 km au sud-ouest de GAMACHES). Il se cacha dans un fourré toute la journée et, à la tombée de la nuit, s’approcha d’une ferme où une femme lui donna de la nourriture et le dirigea vers une autre ferme du voisinage. Les habitants y firent venir un garçon qui parlait anglais, et ce garçon dit à Waddell que, s’il ne pouvait pas atteindre DIEPPE, il valait mieux se rendre. Le fermier laissa Waddell dormir dans son étable cette nuit-là. Le lendemain matin, Waddell commença à marcher vers DIEPPE, mais il arriva bientôt en terrain découvert et décida donc d’attendre dans les bois jusqu’à la nuit. Il demeura caché pendant une journée et une nuit. Le lendemain, il traversa le terrain découvert, entra dans un autre bois, et, lorsqu’il en sortit, il trouva Paul, un garçon de seize ans, qui l’attendait. Ce garçon dit à Waddell qu’il avait trouvé Spindler. Il cacha Waddell dans un bois, revint avec de la nourriture pour lui, et cette nuit-là M. LEROY arriva en automobile, dans laquelle se trouvait un groupe de résistants armés. Ils conduisirent Waddell dans une maison où ils lui firent mettre des vêtements civils, puis le conduisirent à la maison de LEROY à GAMACHES où Belluomini fut amené pour le voir. Waddell demeura chez LEROY pendant deux nuits. Pendant ce temps, le médecin du village de GAMACHES (un homme grand et mince), Dr JEAN ——, vint le soigner. Ensuite M. MAURICE POLLET, M. GASTON DECAUX et M. BOUCHER le conduisirent chez M. et Mme CÉSAR PECQUEUR à GAMACHES. Il y demeura deux jours, après quoi M. BOUCHER (qui travaillait à l’Hôtel de Ville) le transféra chez GASTON DECAUX, épicier, 6 RUE D’AMIENS, GAMACHES, où il resta jusqu’au 5 septembre. Waddell fut le sixième aviateur que DECAUX avait caché. Pendant son séjour, il reçut régulièrement du tabac de M. ARTHUR BOULARD, facteur de GAMACHES, qui avait amené chez DECAUX un autre aviateur américain évadé, Wm. M. Page.

Spindler descendit à VILLY LE BAS, à environ 100 pieds de son copilote, D. D. Melton, qu’il ne vit cependant pas. Quelques enfants français conduisirent immédiatement Spindler dans une grange. Deux heures plus tard, il fut conduit dans une maison où il retrouva Melton. Plus tard dans l’après-midi, ALFRED VAST, de GUERVILLE (4 km au sud-ouest de GAMACHES), arriva et emmena Spindler et Melton chez lui, où il leur donna des vêtements civils et les garda pendant une journée. Ils furent ensuite conduits chez M. ALBERT DEHEDIN, à GAMACHES, où ils rencontrèrent les deux belles-filles de DEHEDIN, MARCELLE et JEANNE, dans l’appartement desquelles ils vécurent pendant une journée. Ils furent ensuite transférés chez Mme ANDRÉ LÉGALITE pour deux jours, puis à la BOULANGERIE PETEAU pour deux jours, et enfin chez M. et Mme JULES DEGARDIN, où ils demeurèrent pendant trois semaines. Tous ces lieux se trouvent à GAMACHES. À la fin de ces trois semaines, un Allemand entra dans la maison des DEGARDIN, et les Américains passèrent par-dessus le mur du jardin jusqu’à la maison de M. et Mme JACQUES BAILLET, mais ils furent bientôt ramenés à la BOULANGERIE PETEAU, où ils vécurent ensuite pendant six semaines.

À cette époque, on disait que les Allemands étaient sur le point d’effectuer une descente sur GAMACHES. Les FFI transférèrent donc Belluomini, Spindler et Waddell à RAMBURES (11 km au sud-est de GAMACHES). Ils y furent accueillis par M. BIENAIME (qui, avant le débarquement, avait été soupçonné d’être pro-allemand).

BIENAIME les conduisit chez M. DENEL, chef de la Résistance de RAMBURES, qui leur procura de nouvelles cartes d’identité et les conduisit chez M. EMMANUEL GRAUMER, NESLE L’HÔPITAL (13 km au sud-est de GAMACHES), dans la maison duquel ils vécurent pendant cinq semaines. BLANGY et GAMACHES furent alors perquisitionnées et pillées par les S.S. ; et, comme GRAUMER avait autrefois été arrêté par les Allemands pour des affaires liées à des aviateurs britanniques, les Américains furent conduits à NESLE NORMANDEUSE (11 km au sud-est de GAMACHES), chez Mme GERMAINE FLOURY et sa fille, ainsi que le premier mari de cette dernière, FERNANDE DUPLESSIS. Ils y demeurèrent deux jours. M. DENEL arriva ensuite et les conduisit à BOUILLANCOURT EN SERY (5 km au sud-est de GAMACHES), chez M. et Mme BERNARD GODEFROY, prenant au passage P/O Walters et Sgt Coon. Ils restèrent chez GODEFROY jusqu’au 2 septembre, l’histoire de leur retour étant la même que celle de Walters et Coon.

Il convient également de mentionner Mme M. FOURNIER, de MAISNIÈRES (5 km au nord-est de GAMACHES), fille de DEGARDIN, qui, pendant tout le séjour de ces Américains dans le secteur, leur fournit du tabac et d’autres approvisionnements.

Ils furent également aidés de diverses manières par les personnes suivantes :les deux frères de Mme LELEU, GEORGES et MAURICE ;
l’assistant de LEROY, M. ÉMILE SANNIER, 26 RUE DE LA GARE, GAMACHES ;
ERNEST LEULLIER, frère de Mme DECAUX, qui, contraint par les Allemands de conduire ses chevaux vers LILLE pour les aider dans leur retraite, s’échappa et revint au domicile des DECAUX.


WARFEL, SCHMALING, GRANT et MOLVER

Warfel et Schmaling atterrirent le 9 mai 1944 près de FRESNOY-FOLNY (14 km au sud-ouest de GAMACHES). Ils tombèrent à environ un quart de mile l’un de l’autre, et quelques Français qui les attendaient les conduisirent immédiatement dans une grange. Ils y restèrent cachés pendant quatre jours. Ensuite, une jeune femme, MARCELLE SIDER, dont la maison est près de DIEPPE, vint avec son père, apporta à Warfel et Schmaling des vêtements civils et les conduisit à la périphérie de FRESNOY-FOLNY, où M. BOUBISAGE les attendait. (Cette MARCELLE SIDER avait été vue en train de fréquenter des soldats allemands, et Warfel et Schmaling furent plus tard avertis de ne pas lui faire confiance.) M. BOUBISAGE cacha Warfel et Schmaling dans les bois, puis, à la nuit tombée, M. CHEVALIER vint à leur cachette et les conduisit à FRESNOY-FOLNY, dans un bâtiment scolaire.

Deux femmes vivaient là : CLÉMENTE ELIAND (29 ans) et MADELEINE LIOT (30 ans), toutes deux parlant anglais. Elles installèrent Warfel et Schmaling dans une chambre située dans le grenier de l’école et, pendant deux mois, les nourrirent et prirent soin d’eux. Au cours de la deuxième semaine, Verne Molver fut amené, puis, la troisième semaine, Ernest Grant arriva. Les quatre Américains restèrent ensemble pendant tout le reste de cette période.

Molver était descendu en parachute le 13 mai 1944 à DANCOURT (S.-I.). Il se cacha quelque temps puis aborda un Français qui labourait un champ. Celui-ci l’amena à un second homme qui donna à Molver des vêtements civils et le conduisit chez lui. C’est là que M. CHEVALIER vint le chercher et le conduisit à FRESNOY-FOLNY, dans l’école, où il rejoignit Warfel et Schmaling.

Grant tomba dans un champ près de EU, le 26 mai 1944. Il se rendit à une ferme où on lui donna de la nourriture et où on lui dit de se cacher dans le bois voisin. La famille du fermier le garda caché pendant deux jours, puis lui amena un homme qui parlait anglais. Cet homme le conduisit à une autre ferme près de EU, où il resta caché pendant sept jours. M. BOUBISAGE arriva alors, le conduisit dans un café des environs où il demeura deux jours, puis revint le chercher et le mena à l’école de FRESNOY-FOLNY, où il rejoignit Warfel, Schmaling et Molver.

Après deux mois, M. CHEVALIER et EVODE DELMARRE (appelé ROBERT) conduisirent les quatre Américains à la ferme de DELMARRE, située à 4 km de FOUCARMONT (25 km au sud-sud-est de EU). CLÉMENTE ELIAND vint s’installer à la ferme afin d’aider Mme DELMARRE à préparer les repas et à s’occuper des Américains. La ferme de DELMARRE était un quartier général d’un groupe de résistance, et les quatre Américains participèrent aux activités de la Résistance : nettoyage d’armes, creusement d’abris et observation des convois allemands. Ils restèrent là jusqu’au 1er septembre, lorsqu’une unité polonaise entra dans FOUCARMONT. Ils rejoignirent cette unité polonaise et furent conduits au quartier général canadien de FRESNOY-FOLNY, d’où ils furent ensuite envoyés au quartier général canadien près de NEUFCHÂTEL. Ils y retrouvèrent d’autres évadés et regagnèrent le Royaume-Uni par avion le 6 septembre.


F/O Rolland C. Walters

Walters atterrit le 9 mai 1944 quelque part entre Le Tréport et Gamaches (à 15 km au sud-est du Tréport). Il fut immédiatement recueilli par le fils de Bernard Godefroy, de Bouillancourt-en-Séry (à 4 km au nord de Blangy), qui le cacha dans une grotte, lui apporta de la nourriture et quelques vêtements civils, puis prit contact avec Simone Peteau, à Gamaches, dans la famille de laquelle le lieutenant Douglas Milton était hébergé.

Le soir même, M. Henri Decamp, de Gamaches, arriva et emmena Walters chez lui, où celui-ci rencontra le chef de l’organisation de résistance, M. Leroy, qui lui procura une carte d’identité.

Walters demeura chez Decamp jusqu’au matin du 9 juin, lorsque les Allemands effectuèrent soudainement une descente dans la maison. Decamp eut le temps de prévenir Walters, qui parvint à s’échapper en traversant le jardin puis en gagnant une tannerie, d’où il réussit à faire signe aux hommes des F.F.I. qui se trouvaient dans la maison de Leroy, pour leur faire savoir que Decamp avait été arrêté.

Le soir même, Alfred Vast, de Guerville (à 9 km à l’ouest-nord-ouest de Blangy), arriva et conduisit Walters de sa cachette jusqu’à la maison de Guerville, où il rencontra le sergent George H. Coon.


2nd Lt. DOUGLAS D. MELTON O-748448 94 B G – 332 Squadron 8 septembre 1944

Nous avons sauté en parachute le 9 mai, à environ 10 miles à l’intérieur des côtes françaises. J’ai atterri à VILLY-LE-BAS et j’ai été recueilli par la Résistance. Un homme parlant anglais m’a indiqué le sud et j’ai commencé à courir, mais deux membres de l’organisation m’ont ramené.

Le sergent SPINNER m’a rejoint et nous avons été conduits à GUERVILLE, où nous avons passé la nuit chez ALFRED VAUGH. Il avait une petite fille. On nous a donné des vêtements civils, puis nous sommes allés à GAMACHES, où nous avons été cachés par la famille DE HIDEN.

Leurs prénoms étaient MARCELLE et RIJEN. Le fils s’appelait MAX. Nous avons tous deux passé la nuit dans l’appartement de MARCELLE, puis nous avons passé deux nuits chez M. LIGGLETI.

De là, nous sommes allés en ville et avons passé deux nuits chez M. et Mme GEORGE PETEAU, qui tenaient une boulangerie. Les autres personnes présentes dans la maison étaient leur fils RENÉ, leur fille SIMONE et l’apprenti FREMONCE. Nous sommes ensuite revenus dans cette maison et y sommes restés cinq semaines.

Nous sommes allés chez la famille DEGARDIN et y sommes restés jusqu’au 1er juin. Ensuite, nous avons passé une nuit chez JACK BAYÉ, avant de retourner chez les PETEAU pour cinq semaines.

Nos auxiliaires apprirent que la Gestapo arrivait ; nous fûmes donc envoyés à RAMBURES, où nous passâmes la nuit chez DENEL. Il prit notre situation en charge et nous envoya à NESLE-L’HÔPITAL, où nous passâmes 36 jours chez GREAUMERE, dans un moulin à farine.

Nous nous sommes ensuite rendus dans une maison à NESLE-NORMANDEUSE pour quatre jours. Après cela, nous sommes allés à BOILLANCOURT, où cinq d’entre nous restèrent cachés jusqu’au 2 septembre. Il y avait le sergent SPINNER, le lieutenant William BELLUOMINI, le Flying Officer Roland G. WALTERS, le Technical Sergeant George COON et moi-même.

Le chef de la Résistance dans cette région était LOIROIS, qui était chef de la police à GAMACHES.

Nous avons été aidés par M. et Mme GODFREY. C’était un fermier prospère et très actif dans le mouvement de Résistance. Leurs enfants s’appelaient FRANÇOIS et GERRARD.

Le 1er septembre, une division polonaise est passée et nous avons entendu une brève escarmouche. Le lendemain, nous sommes sortis de notre cachette et sommes allés à GAMACHES, où nous avons attendu les Canadiens. Le 4 septembre, nous nous sommes présentés à un camp de la Première Armée canadienne, situé à 5 miles au sud d’ABBEVILLE. Nous y avons rencontré le sergent DANIELS, un autre évadé.

Il n’y avait pas de moyen de transport ; nous sommes donc retournés à NESLE-L’HÔPITAL, où la Résistance clandestine nous procura un transport jusqu’à DIEPPE. Le sergent Bruce WADELL nous accompagna. Le port ne devait pas être ouvert avant dix jours ; nous fûmes donc envoyés sur plusieurs terrains d’aviation différents avant d’être ramenés par avion au Royaume-Uni, le 7 septembre 1944.


T/Sgt. George H. Coon

Le sergent Coon atterrit le 28 mai 1944 près d’Abbeville. Le lendemain, un fermier lui donna de la nourriture et des vêtements civils. Il continua ensuite à pied jusqu’à une localité non identifiée où il aborda des personnes qui le gardèrent plusieurs jours puis l’emmenèrent à Gamaches (15 km au sud-est du Tréport), où elles le remirent à Alfred Vast, de Guerville (9 km au nord-ouest de Blangy).

Vast conduisit Coon à son domicile de Guerville où, quelques jours plus tard, le F/O Walters fut amené à son tour. Vers le milieu de juin, Vast conduisit Coon et Walters à Melleville (3 km à l’ouest de Guerville), où ils vécurent environ une semaine, après quoi il revint les conduire au café de M. et Mme J. Toulgoat, à Beauchamps (10 km au sud-ouest du Tréport).

Après que les deux aviateurs eurent vécu chez les Toulgoat pendant deux semaines, la Milice commença à fouiller les environs à leur recherche. Ils furent alors conduits dans une centrale électrique (ou station électrique) située à environ un mille plus bas sur la route, par un jeune homme nommé Raoul, fils d’un homme nommé Gaston et frère de Jeanette, Maurice et Jean. Walters demeura huit jours chez cette famille. Pendant ce temps, Coon séjourna chez d’autres personnes, puis ils furent déplacés de maison en maison dans les environs.

Une quinzaine de jours après leur arrivée dans cette région, les Allemands effectuèrent une descente dans le hameau, mais les deux Américains furent sortis clandestinement et conduits chez M. Peteau, à Gamaches, pour une nuit. Ils furent ensuite emmenés chez M. et Mme Léon Niquet, à Nesle-l’Hôpital (5 km au sud-est de Blangy), où ils demeurèrent jusqu’au milieu du mois d’août.

Pendant cette période, Daniel et son père, amis de M. Niquet, leur fabriquèrent de nouvelles cartes d’identité (I/Cs), et c’est là qu’ils rencontrèrent les lieutenants Douglas Milton et William Bellamini, ainsi que le sergent Spindler.

Au milieu du mois d’août, un B-25 fut abattu dans les environs et les Allemands commencèrent à rechercher les parachutistes. Coon et Walters furent alors conduits chez M. et Mme Bernard Godefroy, à Bouillancourt-en-Séry (4 km au nord de Blangy).

Le 1er septembre, des chars polonais entrèrent dans Bouillancourt. Godefroy conduisit alors les deux évadés aux F.F.I. de Gamaches, qui les remirent aux Canadiens à Dieppe. De là, ils furent envoyés au quartier général près de Neufchâtel, où le lieutenant Hampton, de l’IS9, leur fournit des ordres et un moyen de transport vers le Royaume-Uni.

Ils regagnèrent le Royaume-Uni par avion le 6 septembre.


WARFEL, SCHMALING, GRANT et MOLVER

Warfel et Schmaling atterrirent le 9 mai 1944 près de Fresnoy-Folny (14 km au sud-ouest de Gamaches). Ils tombèrent à environ un quart de mile l’un de l’autre, et quelques Français qui les attendaient les conduisirent aussitôt dans une grange. Ils y restèrent cachés pendant quatre jours.

Puis une jeune femme, Marcelle Sider, dont la maison se trouve près de Dieppe, arriva avec son père, apporta à Warfel et Schmaling des vêtements civils et les conduisit à la périphérie de Fresnoy-Folny où M. Boubisage les attendait. (Cette Marcelle Sider avait fréquenté des soldats allemands, et Warfel et Schmaling furent ensuite avertis de ne pas lui faire confiance.)

M. Boubisage cacha Warfel et Schmaling dans les bois et, après la tombée de la nuit, M. Chevalier vint à leur cachette et les conduisit à Fresnoy-Folny, dans un bâtiment scolaire. Deux femmes y habitaient, Clémentine Elland (29 ans) et Madeleine Liot (30 ans), qui parlaient toutes deux anglais. Elles installèrent Warfel et Schmaling dans une chambre située dans le grenier de l’école et, pendant deux mois, les nourrirent et prirent soin d’eux.

Au cours de la deuxième semaine, Verne Molver fut amené, et, durant la troisième semaine, Ernest Grant arriva. Les quatre Américains restèrent ensemble pendant tout le reste de cette période.

Molver était tombé le 13 mai 1944 à Dancourt (S.-I.). Il se cacha quelque temps puis aborda un Français qui labourait un champ. Celui-ci en amena un second, qui donna à Molver des vêtements civils et le conduisit chez lui. Là, M. Chevalier vint le chercher et l’emmena à Fresnoy-Folny, à l’école, où il rejoignit Warfel et Schmaling.

Grant tomba dans un champ près de Eu, le 26 mai 1944. Il se rendit à une ferme où on lui donna à manger et où on lui dit de se cacher dans le bois voisin. La famille du fermier le cacha pendant deux jours, puis lui amena un homme qui parlait anglais. Celui-ci le conduisit à une autre ferme près de Eu, où il fut caché pendant sept jours. M. Boubisage arriva ensuite, l’emmena dans un café des environs où il resta deux jours, puis revint le chercher et le conduisit à l’école de Fresnoy-Folny, où il rejoignit Warfel, Schmaling et Molver.

Après deux mois, M. Chevalier et Évode Delmarre (appelé Robert) conduisirent les quatre Américains à la ferme de Delmarre, située à 4 km de Foucarmont (25 km au sud-sud-est de Eu). Clémentine Elland vint également s’installer à la ferme afin d’aider Mme Delmarre dans le travail supplémentaire que représentait la cuisine et les soins apportés aux Américains.

La ferme de Delmarre était le quartier général d’un groupe de résistance, et les quatre Américains prirent part aux activités de la Résistance, nettoyant des armes, creusant des abris et observant les convois allemands. Ils restèrent là jusqu’au 1er septembre, date à laquelle une unité polonaise entra dans Foucarmont. Ils rejoignirent cette unité polonaise et furent conduits au quartier général canadien de Fresnoy-Folny, d’où ils furent transférés au quartier général canadien près de Neufchâtel. Ils y retrouvèrent d’autres évadés et regagnèrent le Royaume-Uni par avion le 6 septembre.


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